Des filigranes sur anciens documents et sur timbres

Si on cherche à savoir ce qu’est un filigrane sur papier, on trouve sur internet des explications suivantes : Selon le Larousse , le terme filigrane est utilisé pour plusieurs applications , dont un concerne les filigranes dans du papier : Marque, dessin ou ligne se trouvant dans le corps du papier et que l’on ne voit que par transparence.

Wikipedia fournit pour la version papier plus de détails: Un filigrane (du latin filum, fil, et granum, grain) est, habituellement, un dessin qui apparaît sur certains papiers quand on les regarde par transparence. Cependant, ce terme provient de l’orfèvrerie et non de l’industrie papetière.

On distingue entre des filigranes artisanales, qu’on trouve sur des documents préphilatélique et des filigranes ombrés, technique utilisé pour sécuriser par exemple les timbres-postes contre les falsifications.

En fabrication artisanale, cet effet est obtenu dès la formation de la feuille par une diminution locale de la quantité de fibres lorsque le papier est mouillé3; Il y a deux façons d’opérer. Il faut savoir que le filigrane dans la feuille est formé grâce au rouleau égoutteur (pour une machine table plate), ou à la forme ronde. On travaille donc sur les « toiles fines », qui sont sur toute la surface du rouleau (ou de la forme). Le filigrane « au trait » est obtenu lorsqu’on a soudé des fils de cuivre sur cette toile. Ces fils font des « clairs » dans la feuille, que l’on retrouve par transparence dans le papier. Ce procédé est utilisé généralement pour des dessins sans relief, ou des textes simples.

Ceci permettait aux papetiers (entreprises avec moulins à papier) d’apposer une marque personnelle sur leur production.

Le deuxième type de filigrane, appelé « ombré » est obtenu lorsqu’on a « embossé » cette toile. On grave un poinçon en deux parties, mâle et femelle, et on applique le relief à la toile en « écrasant » la toile entre les parties du poinçon. Cette méthode est utilisée lorsque le dessin du filigrane est complexe, quand il y a du « noir », ou lorsque le dessin comporte « plusieurs épaisseurs ».

Pour sécuriser les timbres-poste , surtout avant 1900 en Suisse pour les « Helvetia assises » et les « Chiffres » , on appliquait le filigrane directement sur le papier et normalement sur le verso du papier. Toutefois si on imprimait ensuite par mégarde ou ignorance sur la mauvaise face, ca pouvait créer des défauts d’impression, qui ne sont pas rares sur ces émissions.

La première image ci-dessus montre un filigrane normale applique au verso du timbre. La deuxième montre une Helvetia assise 10 ct rouge avec le filigrane « Ovale avec une croix suisse » au recto, qui n’a pas permis d’imprimer la couleur rouge à quelques endroits de l’ovale et lors de l’oblitération avec le cachet « RANCES » une partie de l’encre noir du cachet a été absorbé par le papier entre le A et le N de RANCES le long de l’ovale du filigrane.

Ce n’est pas courant de voir l’effet d’impression sur filigranes au recto si clairement, mais quand’même trop fréquent pour ne pas être catalogué comme variété.

Une lettre du « Bureau des Rebuts » français de 1801

Des lettres qui ne trouvent pas leur destinataire arrivent au bureau des « REBUTS », Elles ne sont pas automatiquement renvoyés à l’expéditeur. On les ouvre pour trouver si possible l’expéditeur, qui reçoit alors l’avertissement préimprimé ci-après:

Au verso se trouvent les explications avec la date de la lettre, ici le 23 décembre 1801, (4 Nivrose l’An 14), l’adresse sur la lettre et la mention du contenu éventuel. Ici il y avait dans la lettre une lettre de voiture jointe, Une lettre de voiture est un contrat entre un transporteur de marchandises et le marchand, qui accompagne les marchandises et qui sert à marquer les débours, péages et autres taxes, ainsi que les détails des marchandises. L’expéditeur peut alors décider, s’il veut récupérer le document moyennant le paiement de la taxe du port dû, ici 12 décimes, qu’il doit payer au bureau de poste de son domicile ou au bureau à Paris, mais voyez les textes vous-même:

Si la lettre n’est pas réclamé, le présent avertissement pas renvoyé, la lettre sera brûlée.

Des régiments suisses au service des Rois de France

Avant la révolution française en 1792 des régiments suisses servaient contre rétribution les Rois de France Ces troupes étaient directement sous les ordres du Roi. Lors de événements de la révolution française, le Roi n’avait de moins en moins de pouvoirs et lorsqu’il essayait de fuir, un tribunal du peuple le condamnait à la décapitation par la guillotine. Les généraux français ont par la suite essayé d’associer les régiments suisses au nouveau régime, mais sans succès. Pour finir ils les ont licenciés à Arras et renvoyés en Suisse.

Les soldats suisses recevaient un passport, nommé « Congé militaire » , ils ont du rentrer sans leurs armes en petits groupes.

Ces congés-militaires étaient à montrer lors de vérifications policières pendant le voyage. Ce sont des grands documents de 29 x 22 cm, qui étaient alors pliés et dépliés et de ce fait rarement en très bon état. Ci-dessus le congé militaire de 1792, établi à Arras pour le caporal Hürlimann avec de nombreuses signatures du capitaine Dienast et du commandant du régiment Bachmann, ainsi que du commissaire de guerre français Charamond.